« Beaucoup d’industriels cherchent aujourd’hui à développer leurs capacités technologiques en étendant leurs réseaux loin de leurs bases […] ; il peut alors être intéressant de nouer un partenariat, fût-ce avec un concurrent, si cela permet de gagner du temps. On parle alors de "coopétition" (coopération entre concurrents). […]
Mais comment motiver les détenteurs de compétence à qui l’on fait ainsi appel pour qu’ils se montrent des partenaires efficaces et loyaux, en l’absence de toute relation hiérarchique ?
Selon Thierry Weil, qui a travaillé comme chercheur et comme consultant dans la Silicon Valley, où les réseaux de compétences sont particulièrement développés parce que très adaptés à la vitesse prodigieuse de création et de développement des nouvelles technologies, les demandeurs de compétences doivent avant tout s’adapter à une culture très particulière.
[A] la Silicon Valley, la circulation de l’information ne connaît quasiment aucune limite, à la fois parce qu’il est impossible de la contrôler étant donnée la mobilité des ingénieurs, et parce que cette libre circulation apparaît comme une stratégie où tout le monde est gagnant, selon le calcul suivant : si dix individus se rencontrent, chacun possédant une information qui vaut cinq quand elle est exclusive et un si elle est partagée, chacun repart avec dix. En contre-partie, il n’est possible d’entrer dans le réseau que si l’on dispose d’une solide crédibilité, qui ne se fonde ni sur les diplômes, ni sur les relations personnelles, mais sur la qualité de votre dernier projet […].
La culture locale accorde d’ailleurs une place prépondérante à ces règles implicites, notamment en matière de loyauté : la plupart des engagements se prennent sur parole […]. Ceux qui ne se comportent pas de façon conforme aux pratiques admises sont immédiatement exclus. »








