« Pour les uns, la mutualisation est considérée comme « l’action de donner un caractère mutualiste », dans une logique de production commune. Il s’agit de mettre en place un système de solidarité à base d’entraide mutuelle construit sur un principe économique : mutualiser des moyens, comme dans les cas des coopératives agricoles ou mutualiser des risques, comme dans les cas des assurances. On met en commun des moyens et des ressources pour développer « quelque chose » ensemble ; par exemple un service ou un produit nouveau pour des publics intermédiaires (les membres de la communauté) ou finaux (les bénéficiaires). C’est donc, là , une mutualisation en amont du processus de production.
Pour les autres, la mutualisation consiste, au contraire, à « verser au pot commun des éléments de sa pratique que l’on juge diffusable au profit de la communauté de professionnels à laquelle on appartient ». Ce principe conduit par exemple, à former des communautés de praticiens, et permet d’exploiter des ressources que l’on n’a pas élaborées soi-même. Ce type de mutualisation peut également déboucher sur la production de « méta-objets » tels que les référentiels de bonnes pratiques, les chartes de professionnels, mais aussi sur un fonctionnement en réseau ou sur l’émergence d’une identité commune. C’est une mutualisation qui se situe en aval de la production : pour mutualiser, il faut déjà avoir produit quelque chose !
Le terme de mutualisation est donc source de confusion et suscite des incompréhensions. Certains acteurs, par exemple, sont enclins à partager leurs ressources, mais ne se préoccupent pas de l’usage qui en sera fait […] ; d’autres en revanche, sont prêts à unir leurs forces de travail et leurs compétences pour « produire ensemble du nouveau » mais n’ont aucunement l’intention de mettre à disposition les productions antérieures. »








