Un projet de quartier...
Centre commercial déserté, boutiques fermées par des volets mécaniques, équipements publics cruellement absents, incivilités croissantes... Le quartier des Larris, ex ZUP (zone à urbaniser en priorité) de la commune val-de-marnaise de Fontenay-sous-Bois, n’est pas différent de la plupart des Grands ensembles.
Depuis quelques années, pour une dizaine d’habitants investis sur le quartier - enseignants, responsables de services municipaux, étudiants, réfugiés d’Amérique latine, tous idéologiquement "de gauche" - comme pour les associations locales, la re-dynamisation des Larris passe par la réappropriation du centre commercial. Faire de ce lieu à l’abandon "un véritable pôle de vie", précise l’un des initiateurs du projet, "pour et avec les habitants". Naissance du projet Equitess...
En 2004, la première pierre du « pôle » est posée, lorsque l’association Terroirs du monde ouvre une boutique au coeur du centre commercial désaffecté. En confiant les travaux à une entreprise d’insertion, Urbatir, qui emploie des jeunes du quartier, et en choisissant le créneau du commerce équitable, les porteurs du projet ne se contentent pas de réimplanter l’activité économique ; ils l’inscrivent aussi "dans une démarche positive, en y ajoutant des principes de justice et de solidarité", souligne Jean-Philippe Gautrais, ancien président de Terroirs du monde et président actuel du Collectif Equitess.
Forts de cette première expérience, les habitants et les associations embarqués dans l’aventure imaginent la création d’un centre d’activités liées à l’économie solidaire, basées sur des principes d’hybridation des ressources, de publics intergénérationnels, de solidarité. Le projet Equitess se précise, autour d’une mixité d’activités, entre économie classique et économie solidaire. Un mélange peu commun, qui interroge sur ce qui peut - ce qui doit - être exigé des commerces "classiques" qui s’implanteront...
... porté par un collectif associatif
Mais les rêves et les bonnes volontés ne suffisent pas. Sans appui politique, ni garantie financière, comment restaurer un centre commercial à l’abandon ? Comment mener à bien les dynamiques naissantes ? Et si la solution était d’unir ses forces ? En 2006, sept associations locales - Kaloumba (jeux du monde), Niaso Event (culture et textiles du monde), Terroirs du Monde (commerce équitable), RIP - Résister, Insister, Persister (musique, sport), J’en Zay en vie (appropriation de l’espace public), Montevideo (restaurant et commerce équitable) et Nuevo Concepto Latino (culture latino-américaine) - choisissent ainsi de se regrouper sous le statut associatif. Le "collectif Equitess" n’est pas seulement "porteur de sens et de crédibilité politique", explique Jean-Philippe Gautrais ; il offre également aux porteurs de projet un accompagnement et des possibilités de formation.
Un an après, la formule commence à porter ses fruits : fin 2007, le nouveau pôle d’activités a inauguré un restaurant, le Macondo, tandis qu’une boutique culturelle devrait ouvrir ses portes début 2008. Porté par le collectif, le projet Equitess se concrétise.
"Les enjeux, pour l’association Collectif Equitess à travers son engagement militant et son développement professionnel sont de continuer à promouvoir l’idée d’un développement économique et social local concerté entre l’ensemble des acteurs, du faire ensemble, dans l’optique de produire sur un territoire de nouvelles formes de richesses", conclut le rapport de la mission d’expertise2 qui a accompagné la structuration d’Equitess. Enjeux de taille, expressions d’une idéologie forte et revendiquée... mais soumis aux contraintes du territoire, entre nécessité de transformation urbaine et concurrence de la grande surface voisine...
Collectif Equitess








